PEPR sous-sol bien commun GOYAVESGéologie et sOciétés en GuYAne, pour des Visions partagées des géoressources Et des Socio-écosystèmes ; Geology and societies in French Guiana, for shared visions of georesources and socio-ecosystems

Orpailleurs, circa 1960 (crédits photo :  B. Ésambert)
Orpailleurs, circa 1960 (crédits photo : B. Ésambert)

Equipe :

  • Responsable du projet : Yann Gunzburger (Université de Lorraine).

  • Responsable du projet pour TREE : Jean-Yves Puyo.

  • Chercheurs TREE : Jean-Yves Puyo.

Projet :

Pour des raisons historiques et culturelles, le sous-sol de la Guyane a presque toujours été appréhendé selon une approche « extractive », et plus particulièrement minière. Les débats publics le concernant ont ainsi surtout porté sur les mines d’or ; quelles soient artisanales ou industrielles, légales ou illégales, elles constituent un sujet particulièrement controversé et politisé. Comme la plupart de ces exploitations se situe dans des zones reculées, ces débats manquent d’expériences directes et tangibles recueillis "sur le terrain". Ainsi, l’élaboration de la stratégie concernant le sous-sol guyanais (c’est-à-dire les choix publics concernant sa protection, son aménagement et/ou son exploitation) repose-t-elle sur une vision  considérée comme très parcellaire et clivante de celui-ci, et qui ne rend pas bien compte de ses multiples dimensions. Le sous-sol guyanais, non seulement très mal connu des non‑spécialistes comme des spécialistes, s’avère très loin d’être perçu et géré aujourd’hui comme un réel bien commun. L’un des objectifs de ce projet, intitulé GOYAVES, vise justement à identifier et analyser les liens pourtant multiples tissés entre les sociétés humaines et le sous-sol de Guyane, liens dont l’exploitation minière n’e constitue qu’un aspect. Et le but de ce programme de recherche est de promouvoir une meilleure protection de ce sous-sol et de potentielles diversifications des activités qu’il abrite.

Pour ce faire, l’équipe de recherche réunie se propose, tout d'abord, de dresser un état de lieux de la connaissance du sous-sol guyanais, en prenant en compte ses multiples facettes (géologie, hydrographie, géographie, démographie, économie, sociologie, histoire, patrimoine, écologie, etc.). Dans le référentiel français, le sous-sol guyanais s’avère le moins documenté de tout le territoire, pour à peu près toutes ces disciplines. De plus, la documentation le concernant demeure à ce jour fragmentée et fragile ; d même, elle peine à être pleinement capitalisée en raison du manque de moyens d’archivage, ce qui la rend peu accessible. Il a donc paru fondamental à l’équipe de recherche de structurer et d’accompagner les différentes activités de « bancarisation" des données déjà réalisées ou en cours de réalisation.

Le programme s’intéresse de même à la nature et aux diverses modalités actuelles d’interaction entre l’Homme et le sous-sol : comment l’Homme habite-t-il son environnement en Guyane ? Comment l’aménage-t-il, l’entretient-il, l’exploite-t-il et/ou le protège-t-il ? Dans quels buts et avec quelles conséquences ? De même, les différentes relations entre l’Homme et le sous-sol sont-elles compatibles entre elles, voire conciliables, ou leur coexistence implique-t-elle nécessairement des « frictions » ? Et comment ces frictions s’expriment-elles  et comment les appréhender ? Essayer d’apporter des réponses à ces questions permettra de comprendre l’entièreté des fonctions du sous-sol en Guyane, dont les services écosystémiques qu’il rend ou qu’il pourrait rendre à la société.

Enfin, le programme s’intéresse de même à la question des trajectoires, c’est-à-dire à l’évolution souhaitée ou imposée des relations entre l’Homme et le sous-sol en raison des grands facteurs actuels et changements globaux : croissance démographique, pression pour un développement économique, recherche de nouvelles ressources, changements des modes d’occupation des sols, changement climatique, nécessité de préservation de la biodiversité, etc. Il s propose de co-construire des scénarios prospectifs en engageant les parties prenantes concernées. Cette réflexion implique des interactions avec l’ensemble des acteurs du territoire, en utilisant diverses méthodes telles que l’élaboration conjointe des questions scientifiques (en s’appuyant sur la modélisation d’accompagnement) et des jeux sérieux basés sur l’intelligence collective.

Pour assurer un réel effet transformant de long terme pour le territoire, la phase finale du travail prendra la forme d’une réflexion sur le cahier des charges d’un muséum ou d’un conservatoire des relations ‘Homme – Sous-sol’ et de leur évolution dans le temps et dans l’espace en Guyane. 

Commanditaires :

PEPR « Sous-sol, bien commun »

Partenaires :

Durée : 

60 mois.