PIR Tragédie des biens communsRôles des croyances, de l’aversion à l’ambiguïté, des préférences sociales et des politiques publiques

Équipe :

  • Responsable du projet  : Yao Thibaut KPEGLI
  • Chercheurs pour TREE : Marion COSTE
  • Chercheurs : Yaovi Florentin AMETONOU UQAM Canada 

Projet :

La préservation des biens communs nécessite des efforts. Les croyances (optimistes ou pessimistes) concernant l’effort collectif sont à l’origine des tragédies des biens communs, qui se traduisent par une sous-préservation de ces derniers. Ce projet constitue une étude pilote visant à concevoir et tester un protocole expérimental de mesure des croyances, de l’aversion à l’ambiguïté et des préférences sociales, afin de mieux comprendre les tragédies des biens communs et de développer des politiques comportementales adaptées. Une fois testé et validé, ce protocole permettra de mesurer l’impact des croyances optimistes et pessimistes sur la préservation d’autres biens communs en lien avec le territoire aquitain.

Dans le cadre du projet, le protocole expérimental porte sur les contributions financières des riverains de Saint-Louis (Sénégal) pour rendre leur plage propre. La présence de déchets sur les plages peut avoir des répercussions sur la santé des riverains. La propreté des plages est donc considérée comme un bien commun pour ces derniers.

Le protocole expérimental consiste à faire participer des riverains à un jeu de « bien public » et à des « jeux de loterie ».

Dans le jeu de bien public, les riverains décident de leur contribution financière dans trois conditions différentes : « Basique », « Régulation » et « Nudges ». Chaque riverain effectue sa contribution dans une seule de ces conditions.

Dans la condition « Basique », chaque riverain reçoit d’abord une dotation financière. Dans un second temps, il se rend dans un isoloir (comme dans un bureau de vote) pour verser une partie ou la totalité de sa dotation dans une cagnotte commune destinée à recruter du personnel pour nettoyer la plage.

Dans la condition « Régulation », chaque riverain reçoit d’abord une dotation financière. Dans un second temps, une partie de cette dotation est automatiquement prélevée à titre de contribution minimale et placée dans la cagnotte commune. Il reste alors à chaque riverain une dotation nette de la contribution minimale. Dans un troisième temps, chaque riverain se rend dans un isoloir pour décider s’il souhaite effectuer une contribution supplémentaire à partir de sa dotation nette.

Dans la condition « Nudges », chaque riverain reçoit d’abord une dotation financière. Dans un second temps, il est informé d’une contribution minimale recommandée pour le nettoyage de la plage, sans obligation de suivre cette recommandation. Dans un troisième temps, chaque riverain se rend dans un isoloir pour verser une partie ou la totalité de sa dotation dans la cagnotte commune.

Dans les jeux de loterie, chaque riverain reçoit dans un premier temps des tickets de loterie. Chaque ticket lui permet de gagner un montant fixe si la contribution des autres participants se situe dans un intervalle de valeurs prédéfini. Les tickets de loterie se distinguent par les intervalles de valeurs associés. Dans un second temps, pour chaque ticket de loterie, chaque riverain indique le montant minimal (appelé « équivalent certain ») qu’il est prêt à accepter en compensation pour vendre le ticket. Au moment de cette décision, chaque riverain ne connaît pas les contributions effectives des autres participants.

Ainsi, le protocole expérimental permet de collecter, dans les trois conditions (« Basique », « Régulation » et « Nudges »), deux types de données pour chaque riverain : la contribution à la cagnotte commune et les équivalents certains.

Les données relatives aux équivalents certains permettent d’estimer les croyances de chaque riverain concernant la contribution des autres, ainsi que leur aversion à l’ambiguïté liée à l’incertitude sur ces contributions.

Ces estimations permettent, dans la condition « Basique », d’identifier si les personnes qui contribuent le moins sont celles qui ont des croyances optimistes ou pessimistes concernant les contributions des autres, contribuant ainsi à une meilleure compréhension de la tragédie des communs. Dans les conditions « Régulation » et « Nudges », elles permettent d’étudier l’efficacité et la complémentarité des politiques publiques paternalistes (par exemple, la régulation) et non paternalistes (nudges) pour lutter contre la tragédie des communs selon les types de croyances (optimistes ou pessimistes). Enfin, elles permettent de distinguer le rôle des préférences sociales de celui des croyances et de l’aversion à l’ambiguïté.

Durée : 

11 mois