[PL] Les attaques des sciences ne sont pas une surprise : l'héritage des sciences de l'habitabilité sur la place des sciences en société
Le 10 sept. 2026 de 12h00 à 14h00
Sebastien DUTREUIL, philosophe et historien des sciences, chargé de recherche au CNRS (Centre Gilles Gaston Granger, UMR 7304).
Résumé de la présentation :
Les attaques contemporaines contre les sciences, particulièrement visibles aux États-Unis, invitent à interroger les relations entre sciences, public et puissances politiques, économiques et militaires. Sébastien Dutreuil propose de les lire à partir d’une hypothèse : certaines sciences, et notamment les sciences de l’environnement global, auraient en quelque sorte « trahi » les promesses historiquement faites aux puissances qui les soutenaient.
Nées pour partie, durant la guerre froide, d’ambitions de surveillance, de maîtrise et de puissance, ces sciences en sont progressivement venues à documenter les effets des activités humaines sur le système Terre, les limites matérielles auxquelles elles se heurtent et les dégâts qu’elles produisent. D’instruments de puissance, elles ont ainsi pu devenir des sciences de l’alerte, de la limite et du contre-pouvoir, capables de produire des savoirs susceptibles de déplaire à ceux qui les financent.
Dès lors, ce n’est pas « la science » en général qui serait aujourd’hui attaquée, mais certaines sciences et certaines institutions de production du vrai. Ce constat conduit à une question plus large : quelles sciences souhaitons-nous défendre, produites dans quelles conditions et selon quel nouveau contrat social ? L’intervention explorera plusieurs pistes pour repenser les relations entre recherche publique, pouvoirs et citoyens, renforcer l’indépendance scientifique et protéger la capacité des sciences à exercer ce « courage de la vérité ».
