Séminaires de Sociologie

Les Séminaires ont lieu les mardis de 12h30 à 13h30 en Amphi 120 ou en salle Chadefaud.

Les travaux des membres de l’équipe et ceux de nos invités y sont présentés et discutés.

Si vous êtes intéressés pour présenter vos travaux, veuillez contacter Julien Mattern

    • [S] Pierre Bourdieu, l'écologie et les classes populaires. Rencontre avec Jean-Baptiste Comby et Nicolas Renahy

      A Pau, en salle du Conseil bâtiment des Lettres.

      Nous y accueillerons Nicolas Renahy et Jean-Baptiste Comby, qui s'exprimeront sur les deux thèmes suivants :

      - L’œuvre de Pierre Bourdieu comme ressource pour penser l’écologie aujourd’hui.

      - Ecologie et classes populaires (urbaines/rurales).

    • [S] Rencontre avec Julien Vitores autour de son livre "La nature à hauteur d'enfants. Socialisations écologiques et genèse des inégalités"

      Julien VITORES 

      Salle du Conseil bâtiment DEG 

      Agrégé de sciences économiques et sociales, est sociologue. Il enseigne à l'université Sorbonne-Paris-Nord. 

       

    • [S] Je me sens littéralement au Paradis. Rapports à la nature et à la nudité dans un camping naturiste ardéchois

      Audran AULANIER, maître de conférence en sociologie - Le 23 mars à 14h00 en salle Chadefaud bâtiment ICL à Pau 

      Abstract : 

      Ma communication se centrera sur l'étude du camping des Templiers, en Ardèche. J'y ai enquêté quatre étés durant (2022, 2023, 2024 & 2025), ethnographiant le quotidien et enregistrant des ambiances sonores en parallèle de la réalisation d'une trentaine d'entretiens. Si les personnes y viennent seulement pour leurs vacances, ce lieu représente bien une "utopie concrète" : l'utopie naturiste (Jaurand), un "paradis" où vivre nu et à l'écart du monde donne la possibilité de percevoir autrement son environnement. Ce mode de vie place le corps au cœur de l'expérience vécue. Celui-ci est sans cesse évoqué par les enquêtés, qui soulignent à la fois l'aspect désexualisant de la nudité collective et le fait que l'aise ainsi ressentie permettent une plus grande perception des "éléments" (soleil, vent, eau...). Cette proximité de la nature et des "éléments" ainsi que la "scission spatiale" qui revient dans une large partie des discussions engage finalement à un soin particulier de l'ambiance et de l'environnement, lesquels rendent possible une forme d’une aise du corps. C'est donc le vivant dont est fait l'humain (Breviglieri) qu'il s'agira d'abord de décrire (vivant qui sert de socle à la possibilité d'habiter) pour ne pas sombrer dans une sociologie qui tirerait vers une conception hypersocialisée de l'agir humain.

      Le camp, ainsi caractérisé par l’aise qu’il procure, peut ainsi être décrit comme un milieu d’hospitalité particulier - une hospitalité qui se donne à voir par un ralentissement du quotidien et la mise en avant d'une communauté d'habitués. Cette hospitalité est permise par une série de transactions entre les personnes et leurs environnements, facilitées à la fois par la proximité avec la nature (et le fait de revenir année après année), et par la nudité des corps. Ces transactions modifient à la fois le soi, la communauté et l’environnement, lequel devient ce milieu de vie commun, qui préfigure l’apprentissage et la découverte par les activités organiques, comme l’écrit John Dewey dans Logique, théorie de l’enquête.

      Pour comprendre comment le camp devient ce milieu de vie commun, je développerai l'idée que cet apprentissage et cette découverte sont largement un apprentissage par corps, ancrés dans un quotidien (revécu année après année) où la motricité est davantage mise en avant qu’une incorporation explicite de normes : on est dans un "faire expérience", toujours renouvelé, en lien avec l’espace naturel qui nous entoure. 

    • [S] Hétérogénéités sociales et économiques dans l'agriculture alternative des Alpes du Sud. Une ethnographie dessinée

      Jean AUTARD, ATER en sociologie - Le 29 janvier à 14h00 en salle des thèses bâtiment DEG à Pau 

      Abstract : 

      Il s’agit d’un retour sur ma thèse de doctorat soutenue le 6 novembre, issue d’une enquête ethnographique menée depuis 2018 jusqu’en 2022, dans 22 lieux du Sud-Est de la France (collectifs ou familiaux, professionnels ou vivriers) caractérisés par la pratique d’une agriculture « alternative » orientée par l’écologie, le plus souvent en participation observante par le biais de séjours en wwoofing d’une à deux semaines, parfois réitérés au bout d’un an ou deux pour saisir les évolutions diachroniques. Un des choix était de s’intéresser à des lieux « anodins » plutôt que des lieux emblématiques (comme, dans la région d’étude, le collectif Longo Maï), d’observer comment certaines pratiques et idées se déploient dans l’ordinaire de ces agricultures alternatives plutôt que d’aller spécifiquement rechercher certaines pratiques (permaculture, biodynamie…) ou idées (syndicalisme paysan, anarchisme, écoféminisme…).
      Cette présentation sera l’occasion de revenir sur deux dimensions de l’hétérogénéité sociologique de ces populations : d’une part celle des inégalités économiques (de patrimoine) pour une part considérable entre des personnes dont les modes de vie tendent pourtant à converger par de nombreux aspect. Il s’agira en particulier de montrer comment ces inégalités de richesse (liées principalement à l’accès à un héritage rural ou, dans le cas des reconversions, à l’âge et aux appartenances de classe antérieures) structurent des rapports hétérogènes à l’autoproduction, à la professionnalisation et aux marchés : impossibilité parfois de se professionnaliser dans un contexte de crise du bio, recours au salariat ponctuel ou au contraire à la location saisonnière pour compléter ses revenus, etc.
      D’autre part, la question de l’autochtonie et de la néoruralité, qu’il s’agira de prendre avec nuance face à des profils contrastés et à de fortes mobilisations émiques de différents registres d’appartenance et de légitimité.

    • [S] Journée "Quanti"

      Salle du conseil du bâtiment DEG - Pau.

      Programme

      09h30- 12h00 : Matinée à destination des étudiant·es de Master et des membres du laboratoire TREE

             - Présentation des résultats de deux recherches :

      « Vivre, exposer et discuter la grosseur à l'ère numérique : une enquête quantitative », Yann Bruna, Maitre de conférences en sociologie à l’Université Paris Nanterre

      « Sociologie des publics du Théâtre de l’Odéon et du Théâtre des Champs Élysées », Pascal Vallet, Professeur des Universités en sociologie à l’Université Paris Nanterre et Directeur de l'Unité de Recherche Sophiapol (EA3932)

            - Discussion autour des interventions et échanges sur les méthodes quantitatives

       14h00-16h00 : Séminaire de travail à destination des membres de TREE autour des méthodes quantitatives en pédagogie et dans la recherche en présence des deux intervenants de la matinée.

       

      Cette journée ouvrira un cycle de conférences autour des méthodes quantitatives en pédagogie et recherche.

       

    • [S] L’adaptation aux changements climatiques en pratique : quels retours ?

      Hannah Barrowman (Consultante – Adaptation au changement climatique)  et Guillaume Simonet (MCF associé à l’UPPA, consultant et chercheur indépendant) - salle du Conseil en bâtiment DEG à Pau.

      Abstract :

      Les impacts des changements climatiques et environnementaux se font ressentir de manière croissante à l’échelle mondiale. Face aux limites planétaires chaque jour un peu plus réduites, la tentation de recourir à des formes de « connaissances du futur » est forte afin d’engager l’action publique et privée dans une trajectoire juste et durable et d’adapter les populations, les activités et les territoires à un monde climatiquement différent. Ce séminaire vise à partager les retours de deux chercheurs-consultants experts sur la question de l’adaptation aux changements climatiques, de l’interprétation du concept à sa mise en œuvre pratique par les acteurs publics et privés dans leurs politiques et plans d’action.

       

       

    • [S] Travailler la terre du monde global : production agricole mondialisée et imbrications des rapports sociaux en Turquie

      Marine Ledroit, ATER de sociologie à l'UPPA et doctorante en sociologie (EHESS/CETOBaC) - le 19 juin à 14h - salle du Conseil en bâtiment DEG à Pau.

      Résumé de la présentation :

      Cette séance est consacrée à la présentation d'une thèse de doctorat en cours de rédaction, portant sur l'organisation du travail dans des exploitations agricoles de taille moyenne en Turquie. La recherche explore l’hypothèse selon laquelle les tentatives d’intégration au marché mondial des exploitants agricoles contribuent à la formation d’une nouvelle division sociale du travail.

      À partir d’une enquête de terrain ethnographique, la thèse propose une analyse de l’intégration à la mondialisation agricole, en documentant les reconfigurations de l’organisation du travail. L’étude repose sur des observations menées dans quatre exploitations agricoles : deux pépinières situées à Bayındır, dans la région d’Izmir (2020-2022), et deux sites de transformation de piments isot à Şanlıurfa, dans le sud-est du pays (2022-2023). Ces exploitations, bien qu’ayant un rôle secondaire dans la production agricole régionale dominée par le maraîchage et l’oléiculture à Izmir, et par la culture du coton à Şanlıurfa, partagent une stratégie commune : se tourner vers l’exportation pour bénéficier des retombées économiques de l’intégration au marché mondial.

      La thèse analyse la manière dont les exploitants rationalisent l’organisation productive tout en maintenant un système fondé sur l’informalité du travail. Elle met également en lumière les effets de cette organisation sur les personnes mises au travail dans ces exploitations, principalement des femmes issues de minorités ethniques kurdes et arabes, ainsi que des migrant·es syrien·nes et centrasiatiques. L’étude détaille enfin comment ces dynamiques économiques alimentent et reconfigurent des inégalités plurielles, en transformant les rapports sociaux de sexe, de classe, d’ethnicité et de nationalité dans les espaces concernées.

       

       

    • [S] Le capitalisme au village. Pétrole, État et luttes environnementales en Amazonie

      Doris BUU-SAO, MC sociologie à l'Université de Lille - le 15 mai à 15h - salle du Conseil, bâtiment DEG à Pau.

      Présentation de l'ouvrage : Le capitalisme au village. Pétrole, État et luttes environnementales en Amazonie, CNRS Éditions, 2023.

      Résumé de l'ouvrage :

      Le 5 juin 2009, après plusieurs mois de contestation d’une loi favorisant l’extraction de ressources naturelles, des affrontements éclatent entre policiers et manifestants indiens dans le nord du Pérou. Plusieurs dizaines de personnes y trouvent la mort. Dans l’après-coup de cet épisode de violence, cette enquête novatrice sur l’exploitation de la nature en Amazonie explore les rapports entre l’industrie pétrolière, les communautés indigènes et le pouvoir péruvien.
      Elle invite à rompre tant avec les lectures romantiques célébrant l’héroïsme de la résistance indienne qu’avec le regard désabusé de celles et ceux qui déplorent l’incapacité d’un peuple à reprendre en main son destin. Car celui qui défile pour la Fédération quechua, sous l’œil des caméras, armé d’une lance et le visage couvert de peintures de guerre, peut bien réapparaître quelques jours plus tard comme travailleur du site pétrolier, vêtu d’un uniforme semblable à celui des ouvriers venus de Lima.
      Pour restituer cette complexité, l’ouvrage met en lumière le déploiement de l’État et du capitalisme « par le bas ». Le temps long de l’observation révèle la variété des interactions entre les villages autochtones et l’industrie pétrolière, et permet d’éclairer la manière dont l’ordre politique et économique est produit mais aussi contesté au quotidien.

      La séance est ouverte à tous.

       

       

       

       

    • [S] Des mères engagées en quartier populaire. Trajectoires et expériences de domination

      Sarah RETIF, maîtresse de conférences en sociologie TREE - le 17 avril à 14h - salle du Conseil en bâtiment Lettres, à Pau.

      Résumé de l'intervention : 

      Les femmes résidentes en quartier populaire, mères de famille et issues des migrations, sont souvent les cibles de l’action publique. Elles sont perçues comme un public à « faire participer » dans des actions locales en direction de leur quartier d’habitation ou encore à « émanciper du joug de leur conjoint ». Elles sont dépeintes dans les discours politiques et médiatiques comme soumises, apolitiques, voire apathiques. Mais, qu’observe-t-on quand on prend le temps de s’intéresser à la diversité de leurs pratiques quotidiennes ? Quels sont les formes et les motifs d’engagement de ces mères habitantes de quartier populaire ? Autour de quoi se réunissent-elles et qu’en retirent-elles ? Ce séminaire sera l'occasion de présenter les résultats d'une enquête ethnographique réalisée durant plusieurs années sur les formes d'engagement de mères issues des migrations dans des associations implantées en quartier populaire.